Et si les territoires avaient quelque chose à apprendre au monde ?

Les grandes décisions relatives à la biodiversité et au climat se construisent à l’échelle internationale. Pourtant, leurs conséquences se manifestent d’abord dans les territoires.
Dans les forêts, les savanes, les espaces ruraux comme urbains, des communautés observent les transformations de leur environnement, adaptent leurs pratiques, développent des réponses et transmettent des connaissances profondément ancrées dans leurs réalités écologiques, sociales et culturelles.
Ces savoirs et ces expériences constituent une source précieuse de compréhension des changements en cours.
Et si les territoires n’étaient pas seulement considérés comme les lieux où les politiques environnementales sont mises en œuvre, mais également comme des espaces de connaissance capables de contribuer à les éclairer ?
C’est la conviction qui porte Du territoire aux COP — From Living Territories to Global Decisions, une initiative développée en 2026 par la Fondation Eboko et ses partenaires.
Écouter, documenter, mettre en dialogue
L’initiative ouvre une série de consultations territoriales consacrées à ce que les communautés observent, savent, transmettent et mettent en pratique face aux transformations de la biodiversité et du climat.
La démarche repose sur un principe essentiel : comprendre les réalités territoriales avant de chercher à formuler des recommandations.
Il ne s’agit pas de venir dans les territoires avec des conclusions déjà écrites.
Il s’agit d’écouter.
Écouter les expériences vécues.
Documenter les transformations observées.
Comprendre les réponses déjà développées localement.
Identifier les connaissances transmises entre générations.
Et créer les conditions permettant à ces enseignements d’entrer en dialogue avec d’autres formes de connaissance et avec les discussions internationales.
Écouter avant de représenter.
Documenter avant de recommander.
Comprendre avant de proposer.
Des territoires acteurs de la connaissance
Les changements environnementaux ne sont pas uniquement des données ou des projections.
Ils peuvent être observés dans l’évolution des saisons, la disponibilité des ressources naturelles, les transformations des paysages, les pratiques agricoles, les usages de la forêt, les relations entre les communautés et leurs écosystèmes ou encore les stratégies développées pour répondre à de nouvelles contraintes.
Dans de nombreux territoires, ces observations s’inscrivent dans des connaissances acquises et transmises au fil des générations.
Les reconnaître ne signifie pas opposer savoirs territoriaux et connaissances scientifiques.
Au contraire.
Du territoire aux COP souhaite contribuer à leur mise en dialogue, dans le respect de leurs méthodes, de leurs contextes et de leurs détenteurs.
Car répondre aux crises de la biodiversité et du climat nécessite de mobiliser plusieurs formes de connaissance et de mieux comprendre les réalités vécues par les populations directement concernées.
De l’Afrique centrale à l’Afrique de l’Est
En 2026, la dynamique entend relier des expériences issues de différents territoires d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Est.
Communautés locales, peuples autochtones, femmes, jeunes, écoles, organisations et autres acteurs territoriaux seront au cœur de ce processus d’écoute et de documentation.
Cette diversité est fondamentale.
Il n’existe ni territoire unique, ni expérience unique du changement climatique ou de l’érosion de la biodiversité.
Chaque territoire possède son histoire, ses écosystèmes, ses connaissances, ses vulnérabilités et ses capacités d’action.
L’objectif n’est donc pas d’effacer ces différences pour produire un récit uniforme.
Il est de les comprendre, de les documenter et de faire apparaître les enseignements qu’elles peuvent apporter à une réflexion plus large.
Des territoires aux espaces internationaux de décision
L’année 2026 est marquée par deux rendez-vous majeurs de la gouvernance environnementale internationale : la COP17 de la Convention sur la diversité biologique et la COP31 de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.
Ces deux conférences relèvent de processus multilatéraux distincts, mais elles interrogent toutes deux notre capacité collective à répondre aux transformations environnementales.
Du territoire aux COP souhaite créer des passerelles entre les réalités vécues dans les territoires et ces espaces internationaux de discussion.
La démarche ne consiste pas à parler à la place des communautés.
Elle vise à créer les conditions permettant de documenter leurs expériences, rendre visibles leurs connaissances et faire émerger des enseignements susceptibles de nourrir les réflexions et les échanges sur la biodiversité et le climat.
Le territoire n’est ainsi plus seulement considéré comme le point d’arrivée d’une politique internationale.
Il peut aussi devenir un point de départ pour la réflexion.
De l’expérience vécue à la connaissance
La participation commence bien avant une conférence internationale.
Elle commence lorsqu’une communauté peut expliquer ce qui change autour d’elle.
Lorsqu’une femme peut partager une transformation qu’elle observe dans l’accès aux ressources.
Lorsqu’un jeune peut interroger l’avenir de son territoire.
Lorsqu’une école contribue à transmettre une connaissance écologique.
Lorsqu’un savoir détenu depuis plusieurs générations peut être documenté avec respect.
Lorsqu’une expérience locale devient une source d’apprentissage collectif.
C’est ce chemin que souhaite construire Du territoire aux COP :
du vécu à la connaissance,
de la connaissance au dialogue,
du dialogue à la décision.
Une démarche fondée sur l’écoute et la responsabilité
Documenter des connaissances territoriales implique une responsabilité.
La Fondation Eboko souhaite inscrire cette démarche dans des principes de respect, de participation, de transparence et de reconnaissance des personnes et communautés qui contribuent au processus.
Les consultations ne doivent pas être considérées comme une simple collecte de témoignages.
Elles constituent des espaces de dialogue dans lesquels les participants doivent pouvoir contribuer à définir ce qui mérite d’être documenté, transmis et porté dans les échanges ultérieurs.
L’ambition n’est pas de produire une parole unique au nom des territoires.
Elle est de faire apparaître leur diversité, leurs expériences et leurs connaissances sans les réduire ni parler à leur place.
Que sait votre territoire que le monde devrait apprendre ?
À travers les consultations territoriales 2026, la Fondation Eboko et ses partenaires souhaitent ouvrir un espace de réflexion collective sur une question simple mais essentielle :
Que savons-nous, depuis nos territoires, qui pourrait contribuer à mieux comprendre et répondre aux crises de la biodiversité et du climat ?
Parce qu’avant les recommandations, il y a des connaissances.
Parce qu’avant les décisions, il y a l’écoute.
Et parce qu’avant les COP, il y a les territoires.
Du territoire aux COP — From Living Territories to Global Decisions
Fondation Eboko & partenaires | 2026
